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Duel de films : Rémi sans famille vs Mortal engines

Aller au cinéma, ça prend du temps et ça coûte de l’argent. Il faut donc parfois trancher. On vous aide en analysant point par point les qualités et défauts des films. Cette semaine, un duel franco-américain avec d’un côté l’un des grosses sorties françaises de cette fin d’année, Rémi sans famille et de l’autre le blockbuster chapeauté par Peter Jackson, Mortal engines.

 

Ce duel se fera en cinq critères qui permettent de décortiquer les films. Et fort logiquement, celui qui en remporte le plus sera le film à aller voir en priorité cette semaine.

 

 rémi sans famille affiche

 

 

 

SCÉNARIO

Nous avons face à face deux films qui s’inspirent de romans et ce de manière fidèle. Si la version signée Blossier a l'éventuel handicap de passer après la cultissime adaptation en dessin animé qui fit les beaux jours des enfants dans les années 80, le film écrit notamment par le duo Peter Jackson- Fran Walsh a lui l’avantage d’une vraie fraîcheur. On y découvre un monde peu familier et les rebondissements s’accumulent à un rythme bien élevé. Pour autant, on a vite l’impression d’être en terrain connu, le récit lorgnant trop facilement vers des œuvres phares du genre, à l’image d’un dernier tiers qui ressemble de plus en plus à une variation de Star Wars première génération. Alors que du côté de Rémi sans famille, on est sous le charme d’une adaptation qui n’oublie jamais de magnifier les passages obligés et attendus des mésaventures du jeune orphelin tout en s’offrant de belles idées comme cette ouverture et conclusion empruntes d’une très touchante émotion.

VAINQUEUR : Rémi sans famille

 

RÉALISATION

Bras droit de Peter Jackson sur la plupart de ses gros projets (aux effets spéciaux ou au storyboard), Christian Rivers débute avec un projet particulièrement lourd à gérer. Si le monsieur s’en sort avec les honneurs parvenant à offrir même quelques séquences réjouissantes (sa scène introductive, toute bête qu’elle soit, est diablement efficace et spectaculaire), il ne parvient jamais à démontrer qu’il avait les épaules assez solides pour transcender le riche matériau de base. Tout le contraire d’Antoine Blossier qui continue sa progression épatante. Après le prometteur La Traque et le réjouissant À toute épreuve, le jeune réalisateur français confirme tout le bien que l’on pense de lui depuis une décennie. Jamais écrasé par l’ambition du projet (un film populaire d’époque, c’est tellement rare dans notre contrée), Blossier surprend constamment à proposer une narration incroyablement cinématographique, éloignant instantanément la peur de se retrouver face à un luxueux téléfilm qui remplirait les caisses des chaînes de télé à coups de multidiffusions. Le bougre se fait même sacrément plaisir (et nous avec) quand dans un film destiné à un jeune public, il s’offre un remake étonnant d’une des séquences phares de…Massacre à la tronçonneuse. Avec Rémi sans famille, Antoine Blossier s’impose définitivement comme l’un des grands réalisateurs français de son temps.

   VAINQUEUR : Rémi sans famille

 

 

INTERPRÉTATION

Quand l’acteur le plus convaincant et émouvant de votre film est un Stephen Lang incarnant un cyborg croisement improbable entre Terminator et la créature de Frankenstein, vous êtes mal barré pour gagner le duel de l’interprétation. Surtout qu’en face, il y a du sacrément lourd. Au sommet de son art, Daniel Auteuil nous rappelle les grandes heures de Jean de Florette et Manon des sources. Le formidable Maleaume Paquin montre que les enfants ricains n’ont pas l’apanage de l’aisance devant une caméra. Les seconds rôles ont tous un moment pour tirer la couverture à eux. On retrouve même de vieille connaissance de l’adolescence avec dans le rôle du méchant oncle, l’interprète de Sherlock Holmes du cultissime Secret de la pyramide. Enfin, il y a ce trésor national qu’est Jacques Perrin incarnant un Rémi âgé. Une sorte de quinte flush de l’émotion à lui tout seul.

  VAINQUEUR : Rémi sans famille

rémi sans famille : critique du film d'antoine blossier 

 

PLAISIR IMMÉDIAT

Le match le plus serré de ce duel. Si on fait abstraction de toutes les maladresses, raccourcis, clichés que Mortal engines accumule au fil d’une histoire néanmoins très généreuse dans sa volonté d’en mettre plein la vue, le film de Christian Rivers montre qu’il est possible de séduire un jeune public en cherchant à être un minimum ambitieux. Ce qui nous change un peu des divers blockbusters à destination de ce public vus ces dernières années. Et le film a le grand mérite de se suffire à lui-même et de ne pas se terminer sur un cliffhanger très à la mode pour imposer la naissance d’une franchise. La victoire serait alors possible si Rémi sans famille n’était pas juste ce parfait divertissement populaire dans le sens le plus noble du terme qui parvient, une fois n’est pas coutume, à être universel. Ne laissant aucune tranche d’âge au bord de la route, si ce n’est les plus jeunes émotifs qui auront bien du mal à finir le film sans être consolés des torrents de larmes déversés, le film de Blossier rend justice à un classique de la littérature tout en étant une passionnante aventure humaine. 

VAINQUEUR : Rémi sans famille

critique du film mortal engines 

 

CE QUI VA EN RESTER

Les dés du box-office ne sont pas jetés, mais on a bien peur que Mortal engines n’ait une quelconque capacité à s’imposer comme un film/franchise qui va compter. En ce sens, il se rapproche plus du mal aimé John Carter que d’une saga à succès à la Hunger games. On peut toutefois miser que si l’univers vient à se développer le film prendra un peu de bouteille tant il y a un vrai potentiel. À une seule condition non négociable : qu’un grand cinéaste prenne le projet à bras le corps. Pour Rémi sans famille, il est déjà cette belle adaptation d’un incontournable de la littérature qui peut prendre fièrement sa place aux côtés du dessin animé phare des années 80. Un vrai et beau succès serait une juste récompense et légitimerait tout un pan de productions hexagonales à venir qui cherchent à proposer une qualité cinématographique rappelant les grandes heures de notre cinéma populaire. Sans oublier qu’il est aussi une nouvelle étape réussie dans la carrière d’un cinéaste qui n’a pas fini de nous impressionner. Sky is the limit comme ils disent là-bas !

VAINQUEUR : Rémi sans famille

 

 

VAINQUEUR FINAL

 

 

Publié le 10/12/2018 par Laurent Pécha

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