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Ocean’s 8, Hérédité, Désobéissance : Les films qui méritent ou pas de se déplacer en salle

Le cinéma, ça coûte de l’argent et du temps. Il est donc important de faire parfois le tri dans ce qui sort en salles. Cette semaine, quatre films dans des genres bien différents mais un seul est à voir en priorité.

 

Ocean’s 8 afficheOcean’s 8 de Gary Ross avec Sandra Bullock, Cate Blanchett, Anne Hathaway, Rihanna, Helena Bonham Carter (USA, thriller, 1h50)

Pourquoi il faut y aller ?

On est féministe ou on ne l’est pas. Passer l’argument effectivement bien sympathique de se réjouir de voir un projet d’ordinaire dédié aux hommes devenir l’un des plus gros castings féminins de récente mémoire, il faut se rendre à l’évidence que Ocean’s 8 n’a pas énormément d’autres atouts dans sa poche. Mais le film de Gary Ross en a presque parfois conscience et s’en remet au charisme et star power de ses comédiennes pour faire le job. Et le temps de la projection, cela fonctionne presque bien. De toute évidence, ces dames sont contentes de se (re)trouver et semblent prendre autant de plaisir que leurs prédécesseurs masculins à jouer la carte du film de braquage sophistiqué. Un plaisir plus ou moins communicatif en fonction de l’affection que l’on peut avoir pour ce casting. Si personne ne tire vraiment la couverture à soi, c’est quand même Anne Hathaway, avec un personnage plus haut en couleurs que les autres, qui retient le plus notre attention.

Ocean’s 8 critique

Pourquoi il ne faut pas y aller ?

Entre les films de super-héros, les reboots et les remakes à gogo, Hollywood montre depuis trop longtemps un essoufflement en termes d’idées. Faire une variation d’Ocean’s Eleven en mode féminin s’inscrit parfaitement dans cette mouvance peu créative. D’autant plus qu’ici, on ne s’arrête pas au simple inversement des sexes : on y retrouve tous les passages obligés déjà empruntés par la bande à Danny Ocean. Avec toutefois un énorme bémol : l’absence d’un vrai bon réalisateur derrière la caméra. Gary Ross, auteur du premier Hunger games notamment, n’a pas le dixième du talent visuel et narratif de Soderbergh. Et cela se voit durant les quasi deux heures d’Ocean’s 8. Oubliez la cool attitude des deux premiers films, cette version féminine peut éventuellement tenir tête au très moyen épisode 3 de la saga (Ocean’s 13) mais c’est tout. De plus, même si on est content de voir un casting d’actrices aussi prestigieuses, on ne peut pas dire que l’intrigue leur permet de sortir le grand jeu. Oui, l’alchimie entre ces dames semble bien réelle mais c’est le plus souvent en mode service minimum. Pour preuve, quelques heures après la projection, on a presque oublié le film !

 

Hérédité d’Ari Aster afficheHérédité d’Ari Aster avec Toni Collette, Gabriel Byrne, Alex Wolff, Ann Dowd (USA, horreur, 2h06)

Pourquoi il faut y aller ?

Acheter son ticket de cinéma pour Héridité, c’est presque faire acte de résistance. À l’heure où Hollywood multiplie les films d’horreur se basant sur un concept plus ou moins fort ou une économie de production savamment calculée (la Blumhouse touch), on en est venu à oublier à quel point le genre a pu nous bousculer et nous marquer à jamais. Au fil des années, on est devenu hagard, guettant la pépite horrifique qui va nous permettre de vraiment nous enthousiasmer. Dans un passé récent, il y a eu notamment It follows et The Witch. Précédé d’une très flatteuse réputation suite à son passage marquant à Sundance, Hérédité est de la même trempe. Partageant avec ses prédécesseurs cette capacité à se réapproprier des figures bien établies du genre en les intellectualisant juste de raison, le premier film d’Ari Aster est un sacré tour de force. Nul doute que le jeune cinéaste ira loin si on en juge par sa capacité à maîtriser sa caméra et ses signifiants. Contrôlant parfaitement tous ses effets, prenant son temps, Aster a la bonne idée de ne jamais traiter son récit à la manière d’un simple film d’horreur. Film sur le deuil et la difficulté de se reconstruire, Héridité avance masquer, au point qu’il est difficile d’en vanter les mérites sans trop en dire. S’appuyant sur des comédiens tous exceptionnels (Toni Collette, absolument prodigieuse, porte émotionnellement le film de bout en bout), le jeune cinéaste sait parfaitement où il va. Il suffit d’ailleurs pour cela de voir le saisissant plan d’ouverture pour être en confiance et accepter la manipulation émotionnelle qu’il s’apprête à nous faire subir.

Et quand il s’agit d’accélérer et justifier la réputation établie de film qui fout les pétoches, Aster démontre des qualités visuelles que n’auraient pas renié certains de ses illustres aînés (les noms de Kubrick, Friedkin et Roeg viennent en tête plus d’une fois). Dans son dernier tiers, Hérédité commence à vraiment faire peur. Et pas la peur facile à base de jump scare et effets sonores tonitruants.  Non, celle bien plus mémorable qui se forge à partir d’images chocs invitant notre cerveau à tourner à plein régime. Au point qu’il faudrait plus judicieusement écrire qu’Hérédité ne fait pas peur mais qu’on a peur devant Héridité. Une nuance énorme qui classe déjà le film dans les hautes sphères du genre.

hérédité critique

Pourquoi il ne faut pas y aller ?

Le film a beau déjà être presque un incontournable du genre, il ne se laisse pas facilement dompter. Par sa durée un poil excessive (plus de deux heures) qui ne lui permet pas d’éviter un très léger ventre mou dans sa partie détective. Par sa volonté de ne jamais céder aux sirènes d’un cinéma d’horreur facile. On le répète : pendant une énorme partie du film, on est bien avant tout face à un drame humain, une étude psychologique ne laissant pas apparaître les prémices de ce qui va suivre. Ceux qui viennent pour voir une énième resucée d’Annabelle et autres Conjuring (pour citer les récents champions du box-office horrifique français) en seront pour leurs frais.  

 

désobéissance afficheDésobéissance de Sebastian Lelio avec Rachel Weisz, Rachel McAdams, Alessandro Nivola (USA, drame, 1h54)

Pourquoi il faut y aller ?

Une love story entre deux actrices aussi talentueuses et belles que Rachel Weisz et Rachel McAdams, ça ne peut pas se refuser sur le papier. D’autant plus que le réalisateur chilien, Sebastian Lelio, a prouvé par le passé (Gloria, Une femme fantastique) qu’il était plus que capable de mettre en avant les souffrances humaines. Aucune chance de se retrouver face à une version lesbienne à la sauce érotique façon 50 nuances de Grey. On est bien ici dans un cinéma d’auteur qui scrute les failles, explore les sentiments complexes animant ses protagonistes. Pour preuve, il n’y a qu’une seule séquence charnelle dans le film et elle se montre particulièrement sobre ou plutôt très réaliste. Dans un univers que le cinéma indépendant américain a souvent exploité judicieusement (la communauté juive-orthodoxe et son fonctionnement bien particulier), Désobéissance vaut surtout par l’implication totale de ses deux stars féminines. Dans les moments où elles sont seules à l’écran, le film s’envole et atteint une vérité puissante.

Désobéissance de Sebastian Lelio avec Rachel Weisz

Pourquoi il ne faut pas y aller ?

Malheureusement, il n’y a pas que les deux Rachel dans le film. Les personnages gravitant autour d’elles, ceux qui permettent de définir le danger, l’interdiction d’une telle relation (le personnage de McAdams étant notamment mariée), ne sont guère passionnants. On les a déjà vu tant de fois par le passé et leur arc narratif semble écrit d’avance. En résulte une intrigue qui finit par se saborder dans un final particulièrement appuyé et prévisible, à mille lieux de la délicatesse de la relation intime de nos héroïnes.

 

midnight sun afficheMidnight sun de Scott Peer avec Bella Thorne, Patrick Schwarzenegger, Rob Riggle (USA, drame romantique, 1h33)

Pourquoi il faut y aller ?

Sur le papier, ce drame romantique avec jeune femme presque condamnée d’avance ne fait pas très envie. Depuis le succès phénoménal de Love story, on ne compte plus les récits s’étant appuyés sur une intrigue lacrymale pour tenter de nous séduire (en nous faisant pleurer). Avec un dispositif similaire (notre jeune héroïne, atteinte d’une maladie l’empêchant d’être exposée aux rayons du soleil, va rencontrer l’amour et tenter de concilier son handicap avec cette romance naissante), le film de Scott Peer (Sexy dance 4) multiplie les passages obligés du genre. Mais, il faut lui reconnaître une capacité à le faire avec une réelle sincérité et surtout avec un grand respect de son public potentiel. Porté par des comédiens qui y croient dur comme fer (Bella Thorne parfaite héroïne modèle pour jeunes filles, le fils de Schwarzy bien plus à l’aise en jeune premier romantique qu’un Scott Eastwood), disposant d’un acteur de second rôle en or (Rob Riggle, pilier de comédies déjantés comme Very bad trip ou 21 jump street, montre en papa protecteur un spectre d’émotions souvent bouleversant), Midnight sun  ne surprend jamais, mais ne ment pas sur ses promesses. Et on prend même le pari qu’il saura arracher quelques belles larmes aux plus sensibles d’entre vous.

 Pourquoi il ne faut pas y aller ?

Celui qui espère être surpris, se retrouver face à un divertissement qui va bouleverser les codes inhérents au genre, tombera de haut. Mais, entre l’affiche, le pitch, le casting et la bande-annonce, il est quand même difficile de jouer la carte de la surprise : on sait parfaitement dans quoi on va mettre nos yeux en entrant dans la salle. Midnight sun est un produit parfaitement calibré pour son public (jeune). Pour preuve, il sort quelques poignées de jours avant la fête du cinéma.   

Publié le 12/06/2018 par Laurent Pécha

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