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Tom Cruise : Du pire au meilleur

A l'occasion de la sortie de Mission : Impossible Fallout mercredi 1er août, on vous propose le classement des films de Tom Cruise, l'indestructible star du cinéma qui n'a cessé de se renouveler depuis quatre décennies. Au programme, 43 films classés du pire au meilleur.

Dans ce top, nous avons pris absolument tous les films où le comédien joue, même quand il s'agit d'un petit rôle. Partant du principe que Tom Cruise est pratiquement toujours bon dans ses films, nous avons tenu compte donc uniquement de la qualité du film pour faire ce classement et non de l'impact de son rôle dans l’œuvre. Enfin, pour être en totale osmose avec nos choix, nous n'avons pas fait parler que notre seule mémoire, mais nous avons revu pratiquement toute l'intégralité de sa filmographie pour la juger à l'heure d'aujourd'hui. Ce qui a permis notamment de réhabiliter certains films jugés trop sévèrement à l'époque de leur sortie.

 

43

Un amour infini (1981) de Franco Zeffirelli

Pour : Brooke Shields avant que sa carrière ne s’effondre. Sortant du succès du Lagon bleu, la très jeune comédienne (16 ans) livre une belle performance ne laissant pas présager la médiocrité de ce qui allait suivre. Du côté de Tom Cruise dont c’est le premier film au cinéma, il s'agit d'un rôle éclair (moins d’une minute). Juste le temps d’annoncer en filigrane ce qui allait devenir sa carrière : mettre le feu au box-office et devenir une star de cinéma. 

premier crédit de tom cruise (un amour infini)

Contre :  Franco Zeffirelli n’a jamais été un grand cinéaste. Et on l’a connu bien plus à l’aise, notamment avec Shakespeare ou Jésus. Ici, son histoire romanesque semble tout droit sortie d’un mauvais roman Harlequin. Les fans de kitsch auront par contre de quoi se réjouir.

 

42

Austin Powers dans Goldmember (2002) de Jay Roach

Austin Powers dans Goldmember (2002) de Jay Roach

Pour : La scène d’ouverture parodique où justement Tom Cruise joue Austin Powers dans la bande-annonce du film tourné par Spielberg. Quelques gags en dessous de la ceinture font encore un peu mouches. Et le plaisir éventuel de découvrir le toujours impeccable Michael Caine en père d’Austin Powers.

tom cruise dans austin powers goldmember

Contre :  L’épisode de trop qui d’ailleurs mit fin à la franchise et un sacré frein à la carrière de Mike Myers. Tout ce qui marchait dans les deux premiers s’écroule ici. A commencer par l’acolyte féminine de notre espion incarnée par une Beyoncé à côté de la plaque. Les créations de Mike Meyers, Goldmember et Fat Bastard, sont terriblement embarrassantes pour quiconque a aimé le génie comique du comédien par le passé. 

 

41

Rock forever (2012) d’ Adam Shankman

Rock forever (2012) d’ Adam Shankman

Pour : Tom Cruise en star absolu du rock. L’acteur en fait des caisses mais il est parfaitement crédible dans le rôle. En plus, il chante bien. Autre comédienne à sauver, Malin Akerman qui s’offre un duo ultra sexy avec Tom.

tom cruise dans Rock forever (2012) d’Adam Shankman

Contre : Le jeune couple vedette est totalement insipide (surtout Diego Boneta). Le côté juke-box devient vite horripilant : ça n’arrête pas de chanter et très fort en plus. Les seconds rôles, incarnés par des acteurs prestigieux (Alec Baldwin, Catherine Zeta-Jones, Paul Giamatti,Russell Brand,…) surjouent constamment. Interminable (plus de deux heures), ne racontant rien, esthétiquement laid, Rock forever est la pire publicité possible pour l’esprit du rock.

 

40

La Momie (2017) d’Alex Kurtzman

La Momie (2017) d’Alex Kurtzman

Pour : Quelques séquences d’action pas trop mal torchées comme celle du crash de l’avion. L’implication de Cruise. La confirmation que Sofia Boutella a tout pour exploser si on lui donne un vrai rôle. 

tom cruise dans La Momie (2017) d’Alex Kurtzman

Contre : La vraie momie, c’est le scénario ! On cherche encore à comprendre ce que le film a voulu être. Russell Crowe, qui a ici visiblement passé plus de temps à la cantine du tournage que sur le plateau, livre une prestation presque surréaliste.  Pourquoi Alex Kurtzman derrière la caméra ? Pourquoi ?!!?

 

39

Vanilla sky (2001) de Cameron Crowe

Vanilla sky (2001) de Cameron Crowe

Pour : On tient compte ici d’avoir vu le film original, Ouvre les yeux. Peut-être que sans connaître le film d’Amenábar, on peut marcher dans cette version pop concoctée par Cameron Crowe. Notamment parce que le casting s’avère particulièrement costaud (on y croise Kurt Russell, Tilda Swinton, Cameron Diaz, la récidiviste Penélope Cruz et l’excellent et quasi disparu, Jason Lee).

tom cruise dans Vanilla sky (2001) de Cameron Crowe

Contre : A l’image d’un Tom Cruise qui en fait trop, pour presque la seule fois de sa carrière, le film manque de subtilité. Tout est appuyé, incroyablement longuet (2h17 !!!) pour une conclusion qui laisse bien perplexe. Si on ouvre bien les yeux, on doit se rendre compte que Vanilla sky n’est que poudre aux yeux bien inutile. De loin le film le moins convaincant du pourtant excellent Cameron Crowe.

 

38

tom cruise dans Jack Reacher : Never Go Back (2016) d’Edward Zwick

Jack Reacher : Never Go Back (2016) d’Edward Zwick

Pour : On aime le personnage badass de Jack Reacher. On a envie de le suivre dans de nouvelles aventures. D’autant que Edward Zwick est un solide artisan capable de torcher quelques bonnes séquences d’action comme ce plutôt réussi combat final à mains nus.

tom cruise dans Jack Reacher : Never Go Back (2016) d’Edward Zwick

Contre : Le titre du film avait tout pour nous mettre la puce à l’oreille. Si le premier film ne brillait pas son scénario, celui-là le fait passer pour un modèle de film noir. Jamais impliqué dans cette plongée dans le sombre passé de notre héros, on regarde tout ceci de manière très détachée en se demandant vraiment pourquoi Tom Cruise s’est embarqué dans un truc aussi anecdotique.

 

37

Walkyrie (2008) de Bryan Singer

Walkyrie (2008) de Bryan Singer

Pour : L’incroyable histoire vraie de ce coup d’état fomenté par des soldats allemands pour supprimer Hitler. L’impressionnant casting du film : Kenneth Branagh, Bill Nighy, Tom Wilkinson, Terence Stamp,… L’obsession de Bryan Singer pour évoquer cette période sombre de l’Histoire après l’avoir déjà traité notamment dans X-men et Un élève doué. Une reconstitution historique soignée et un désir d’être fidèle à la réalité. Et Tom Cruise absolument impeccable en colonel borgne prêt à tout pour mener à bien sa mission.

tom cruise dans Walkyrie (2008) de Bryan Singer

Contre : On rêvait d’un film tendu, haletant, où le suspense serait constamment à son paroxysme. Au lieu de ça, on se retrouve face à un récit bavard qui aligne des tunnels de dialogues sur-explicatifs. Et la mise en scène finalement très basique de Singer ne fait rien pour arranger les choses. On se met à rêver ce à quoi le film aurait pu ressembler entre les mains d’un réalisateur bien plus inspiré.

 

36

Lions et agneaux (2007) de Robert Redford

Lions et agneaux (2007) de Robert Redford

Pour : Un trio d’acteurs d’exception. Un sujet d’actualité fort qui n’a malheureusement pas vraiment vieilli. Des seconds rôles solides à l’instar d’Andrew Garfield dans son premier rôle au cinéma.

tom cruise Lions et agneaux (2007) de Robert Redford

Contre : Le premier film où Redford montre de vraies limites de réalisateur. On en vient presque à être fasciné par le manque de mordant de son récit. Malgré les enjeux, tout apparaît extrêmement plat. La rencontre-affrontement si excitante sur le papier entre Meryl Streep et Tom Cruise se révèle totalement anecdotique. Comme la sortie du film ! Lions et agneaux fait effectivement partie des plus faibles revenus rapportés par un film avec l’acteur en tête d’affiche.

35

American teenagers (1983) de Curtis Hanson

American teenagers (1983) de Curtis Hanson

Pour : Une curiosité très rare signée par l’auteur de L.A. Confidential alors à ses quasi débuts derrière la caméra. Dans la droite lignée de ces films racontant les mésaventures d’une bande de potes partie faire la bringue. Les amateurs d’humour potache et graveleux auront de quoi se réjouir. C’est aussi le premier film où Tom Cruise est au même niveau que ses partenaires de jeu en termes de présence et d’importance dans l’intrigue.  

Contre : Si l’Histoire n’a pas retenu le film contrairement à d’autres spécimens du genre (Porky’s, American college), c’est pour une bonne raison : il n’y a rien de vraiment bien dedans. Aucun grand numéro d’acteur, aucun gag vraiment hilarant, aucune folie dans les rebondissements finalement assez sages de nos jeunes rêvant de se faire dépuceler au Mexique.

34

Oblivion (2013) de Joseph Kosinski

Oblivion (2013) de Joseph Kosinski

Pour : La SF réussit bien à Tom Cruise comme on va le voir beaucoup plus loin dans notre classement et Oblivion le prouve du moins dans sa capacité à créer un univers esthétiquement très ambitieux. Le film est vraiment très beau par moments. Le couple Tom Cruise- Olga Kurylenko est sexy et les scènes d’action font preuve d’une vraie tenue à l’image de cette attaque de drone en plan séquence.

tom cruise dans Oblivion (2013) de Joseph Kosinski

Contre : Le titre du film (qui se traduit par l’oubli) annonce une nouvelle fois la couleur. Pour preuve, on a été obligé de se replonger dedans pour ce top. Et de se rendre compte que l’ambition des thèmes évoqués (autour de la mémoire, un grand classique de la SF moderne) se prend de plein fouet un scénario qui ne sait plus comment se dépêtrer de son intrigue dans sa seconde partie. Joseph Kosinski ne nous avait pas du tout convaincu avec Tron l’héritage, il remet ça ici dans une moindre mesure et on est un peu inquiet que cela soit lui aux manettes de la suite de Top Gun.

 

33

Mission : impossible 3 (2006) de JJ Abrams

Mission : impossible 3 (2006) de JJ Abrams

Pour : Beaucoup seront surpris de voir le film classé si bas. Même nous, on n’y croyait pas car c’est quand même un film de la franchise Mission : Impossible et qu’il propose de nombreuses et spectaculaires scènes d’action tout en parvenant à diriger la saga vers ce qu’elle est aujourd’hui contrairement au deuxième épisode freestyle de John Woo.

tom cruise dans Mission : impossible 3 (2006) de JJ Abrams 

Contre : Seulement si Abrams est un solide et malin scénariste, c’est un bien piètre cinéaste (du moins à l’époque, depuis, il y a du mieux). Absolument toutes les scènes d’action, de toute évidence excitantes sur le papier en termes de possibilités visuelles, déçoivent quand elles n’énervent pas par l’aspect brouillon de leur cadrage et les effets de montage bien trop cuts. Revoir aujourd’hui l’épisode 3 par rapport à ce que Bird et McQuarrie ont proposé par la suite, fait très, très mal à Abrams. Une situation que JJ a de nouveau expérimenter, Rian Johnson lui ayant fait la même avec Les Derniers Jedi.

 

32

L’Esprit d’équipe (1983) de Michael Chapman

L’Esprit d’équipe (1983) de Michael Chapman

Pour : Juste dans la foulée de Risky Business, le potentiel star de Tom Cruise se confirme. Il est capable de porter émotionnellement un récit sur ses épaules. Filmé par le chef op de Raging Bull et Taxi driver, L’esprit d’équipe mélange avec réussite certains archétypes du cinéma américain : le film de foot US, le film teenager, le film social qui scrute l’Amérique de la classe ouvrière.   

tom cruise dans L’Esprit d’équipe (1983) de Michael Chapman 

Contre : Le film a toujours été très méconnu sauf peut-être pour sa casquette « le film où l’on voit le sexe de Tom si on fait pause avec la télécommande ». Le récit est ultra classique et souffre surtout d’un happy end mal venu mais obligatoire pour le public auquel il était destiné.

 

31

Cocktail (1988) de Roger Donaldson

Cocktail (1988) de Roger Donaldson

Pour : Il est sans doute classé un peu trop haut, mais la cool attitude de Cruise est ici à son zénith. Surfant sur le succès de Top gun, l’acteur et son sourire ultra brite sont l’attraction majeure de cette bluette romantique éminemment sympathique. Gloire à Tom d’avoir rendu à l’art du cocktail son film de référence. On ne compte plus les vocations de barman qui sont nées à la vision de Cocktail. Et la bande-son du film est un concentré de tubes indémodables.

tom cruise dans Cocktail (1988) de Roger Donaldson

Contre : On ne va pas se mentir : le scénario tient sur un timbre-poste et le cinéaste australien, Roger Donaldson, emballe ça comme un pro mais sans pouvoir faire grand-chose. Dommage d’ailleurs que l’aspect plus sombre du récit (le sort du mentor de Cruise incarné par l’excellent Bryan Brown) n’ait pas été mis plus en exergue. Peut-être que Cocktail aurait perdu son côté superficiel et anecdotique. On demande un remake ! Euh, non, les gars à Hollywood, on plaisante, hein !

 

30

Barry Seal : American Traffic (2017) de Doug Liman

Barry Seal : American Traffic (2017) de Doug Liman

Pour : Une belle surprise à une époque où Cruise venait d’enchaîner deux films qui sont 38ème et 40ème de ce top, soit la période la moins faste du comédien. Sur un rythme trépignant, on assiste à une incroyable histoire vraie d’un mec qui tort le rêve américain avec une malice et une énergie folle. Tom a la banane et le film est à son image.

tom cruise dans Barry Seal : American Traffic (2017) de Doug Liman

Contre : On a beau aimé le film, il ne marque pas les esprits. On retient une tonalité générale, mais avec ce sentiment tenace que l’on aura toujours un autre film à (re)voir avant de se replonger dans l’aventure pourtant extraordinaire de Barry Seal. Sans doute parce que Scorsese, De Palma ou encore Breaking bad ont déjà marché sur les mêmes plates-bandes avec un talent supérieur.

 

29

Entretien avec un vampire (1994) de Neil Jordan

Entretien avec un vampire (1994) de Neil Jordan

Pour : Deux des plus beaux sexe-symbols d’Hollywood face à face et en vampire. Le duo Cruise-Pitt fonctionne à merveille et Neil Jordan capitalise parfaitement dessus tout en s’évertuant à retranscrire l’atmosphère du livre d’Anne Rice. Dans son premier grand rôle au cinéma, Kirsten Dunst, 12 ans à l’époque, se montre impressionnante dans sa capacité à tenir tête aux deux stars.

Contre : Indéniablement le film perd de sa superbe dans sa seconde partie qui coïncide avec la « disparition » de Tom Cruise. Son charisme et la géniale ambiguïté du personnage de Lestat sont des atouts trop forts pour empêcher le film de ne pas se chercher pendant une très grosse et faible demi-heure.

 

28

Tonnerre sous les tropiques (2008) de Ben Stiller

Tonnerre sous les tropiques (2008) de Ben Stiller

Pour : A l’image de la désopilante prestation de Tom Cruise en producteur hollywoodien sans scrupule, le film de Ben Stiller sort la grosse artillerie pour nous faire rire. Le trio vedette est au sommet de leur art, les seconds rôles sont dingues et les gags s’enchaînent à un rythme très soutenu. Et le film, dans sa partie action, a de la gueule prouvant que Ben Stiller est vraiment un réalisateur sous-estimé.

tom cruise dans Tonnerre sous les tropiques (2008) de Ben Stiller

Contre : Le défaut de Tonnerre sous les tropiques peut venir de sa capacité à découvrir son potentiel comique trop tôt notamment avec ses fausses bandes-annonces qui ouvrent le récit et que beaucoup considèrent comme les moments les plus hilarants du film. La seconde partie, où Stiller laisse plus de place à l’émotion, apparaît un poil moins maîtrisée. Difficile de jongler sur les deux tableaux avec la même efficacité.

 

27

Horizons lointains (1992) de Ron Howard

Horizons lointains (1992) de Ron Howard

Pour : L’un des films qui a bénéficié de notre nouvelle vision. On avait le souvenir d’un film épique boursouflé. Il n’en est rien. Au contraire, dans cette version de Titanic avant l’heure, le souffle de la grande aventure est bien là. Retrouvant quelque peu la magie de ses illustres prédécesseurs (Ford et Lean en tête), Ron Howard s’applique à faire rejaillir le Dickens qui sommeille dans son récit. C’est du cinéma presque à l’ancienne auquel le couple Cruise-Kidman apporte tout le glamour nécessaire.  

tom cruise dans Horizons lointains (1992) de Ron Howard

Contre : Cela reste du Ron Howard. Appliqué, soigné mais jamais capable à deux-trois exceptions près de transcender son histoire pour l’amener vers des sommets du genre. La comparaison avec Titanic auquel le film fait penser avec ce prolétaire tombant amoureux de la jeune femme de bonne famille et l’arrachant à son monde, lui est d’ailleurs fatale. Vraiment Far and away !  

 

26

Le Dernier samouraï (2003) d’Edward Zwick

Le Dernier samouraï (2003) d’Edward Zwick

Pour : On reste dans le souffle épique avec cette aventure dans le Japon des samouraïs. Coincé entre deux des meilleurs films du comédien, le film de Zwick avait beaucoup déçu à l’époque. En le revoyant aujourd’hui, on ne peut être qu’admiratif du soin apporté à la reconstitution historique et du sens visuel de Zwick lors des batailles qui nous rappelle que le monsieur a signé le formidable Glory. Le casting, notamment japonais avec le charismatique Ken Watanabe, est aussi une des grandes forces du film.

tom cruise dans Le Dernier samouraï (2003) d’Edward Zwick

Contre : Le classicisme du récit peut vite laisser de marbre. Un film à l’ancienne sans son charme avec un petit côté « Tom est le plus beau et le plus fort » qui atténue l’impact de l’histoire. Tout ceci est aussi un peu trop long (plus de 2h30 au compteur). 

 

25

Jours de tonnerre (1990) de Tony Scott

Jours de tonnerre (1990) de Tony Scott

Pour : On se surprend à le classer si haut. Le souvenir de l’époque nous avait laissé ce sentiment d’une œuvre rutilante et vide entièrement dédiée à la gloire d’un Tom Cruise surfant sur le succès de Top gun.  On redécouvre tout d’abord un film brillamment réalisé par un Tony Scott encore très sobre dans sa mise en scène. Les scènes de stock cars s’avèrent réjouissantes. Mais c’est surtout du côté de l’émouvante relation entre Cruise et son mentor, l’immense Robert Duvall que Jours de tonnerre marque ses meilleurs points. Preuve de la présence à l’écriture d’un des grands scénaristes des 70’s, Robert Towne (Chinatown).

tom cruise dans Jours de tonnerre (1990) de Tony Scott

Contre : Malgré tout le bien que l’on peut penser du film, cela reste pour beaucoup un Top gun avec des voitures. Tony Scott allait considérablement élever son niveau juste après en signant coup sur coup Le Dernier samaritain, True romance et USS Alabama.

 

24

Taps (1981) d’Harold Becker

Taps (1981) d’Harold Becker

Pour : Méconnu, le film d’Harold Becker dispose d’une solide intrigue écrite notamment par le bras droit scénaristique de Besson, Robert Mark Kamen (tout est possible dans la vie). Les acteurs, vétérans comme George S. Scott ou quasi débutants comme Cruise mais aussi Sean Penn, sont tous impeccables et donnent une puissance émotionnelle indéniable à cette histoire de cadets militaires se rebellant et refusant de déposer les armes. Une œuvre forte dont on ne s’étonnerait pas qu’Hollywood se décide un jour à remaker. A noter que même si son rôle est moins important que ses camarades, Cruise tient là son premier vrai rôle au cinéma.

tom cruise dans Taps (1981) d’Harold Becker

Contre : Trop bavard, le film fait parfois du surplace notamment dans sa deuxième partie qui se contente de recycler les situations brillamment installées auparavant. Il y a un vrai manque d’action et de rebondissements. La tension créée par les militaires prêts à donner l’assaut à la caserne n’est pas assez présente.   

 

23

Legend (1985) de Ridley Scott

Legend (1985) de Ridley Scott

 Pour : Le pur film d’héroic fantasy. Une direction artistique de toute beauté. Une bande originale (dans sa version européenne) magnifique. Un méchant au look légendaire, Darkness personnifié par un formidable Tim Curry.

tom cruise dans Legend (1985) de Ridley Scott

Contre : Après Alien et Blade Runner, le niveau baisse d’un sacré cran pour Ridley Scott. Aussi merveilleux que peut apparaître l’univers de Legend, on frôle plus d’une fois le kitsch. Ceux qui le découvriront aujourd’hui risquent forts de le trouver terriblement désuet, voire un peu ridicule. Contrairement à Dark crystal, Legend a pris indéniablement un coup de vieux.

 

22

La Firme (1993) de Sidney Pollack

La Firme (1993) de Sidney Pollack

Pour : Un casting impressionnant. L’affrontement Tom Cruise- Gene Hackman est mémorable. C’est la première et meilleure adaptation cinématographique d’un roman de John Grisham (avec L’Idéaliste). Pour ceux qui apprécient les films d’avocat (si, si, c'est un genre), c’est du pain béni.  

tom cruise dans La Firme (1993) de Sidney Pollack

Contre : La Firme souffre de la comparaison avec les meilleurs films de Sidney Pollack comme Les 3 jours du condor, Jeremiah Johnson, Yakuza ou encore Tootsie. C’est aussi un récit qui s’étire bien trop en longueur : plus de deux heures trente alors qu’une intrigue ramassait sur moins de deux heures aurait gagné en efficacité. Il faut aimer les films de procédure où la parole passe avant le reste.  

 

21

Jack Reacher (2012) de Christopher McQuarrie

Jack Reacher (2012) de Christopher McQuarrie

Pour : Une figure de héros badass qui convient parfaitement à Tom Cruise, au point de regretter que le comédien n’ait pas exploré plus souvent ce côté sombre au cours de sa carrière. Une séquence d’ouverture magistrale où le suspense est total. Un style visuel bien au-dessus de la moyenne qui donne une patine différente au film.

tom cruise dans Jack Reacher (2012) de Christopher McQuarrie

Contre : C’est beaucoup trop long ! Malgré quelques spectaculaires scènes d’action, rien ne vient surpasser l’introduction du film, laissant un léger sentiment de frustration.

 

20

Rain Man (1988) de Barry Levinson

Rain Man (1988) de Barry Levinson

Pour : Une pluie d’Oscars (meilleur film, réalisateur, acteur, scénario) pour un classique moderne du cinéma US. Si effectivement, la performance de Dustin Hoffman en frère autiste est épatante, on oublie trop souvent de saluer que Tom Cruise est tout aussi excellent en jeune frère égocentrique qui se découvre un cœur au contact de ce frère qu’il ne connaissait pas.

tom cruise dans Rain Man (1988) de Barry Levinson

Contre : C’est effectivement le film à Oscars qui coche toutes les cases pour toucher son public. Au point de ressembler un peu trop à un film à formule. On aime encore plus Barry Levinson quand il tente des choses plus osées comme ce fut le cas à l’époque du Secret de la pyramide ou encore Des hommes d’influence.

 

19

Mission : impossible 2 (2000) de John Woo

Mission : impossible 2 (2000) de John Woo

Pour : Le style inimitable de John Woo qui envoie la saga Mission : Impossible dans un univers à part. Les séquences d’action étonnent toujours autant par leur grandiloquence assumée. Qu’importe le scénario, on s’amuse comme un fou devant ce spectacle pyrotechnique constamment over the top.

tom cruise dans Mission : impossible 2 (2000) de John Woo

Contre : On peut trouver avec raison que le cinéma de John Woo a pris un bon coup de vieux. Que tout ceci est bien ridicule à l’image du look cheveux au vent de Tom Cruise. Au regard des autres épisodes de la franchise, le film apparaît un peu comme le vilain petit canard, celui qui est trop différent.

 

18

Night and day (2010) de James Mangold

Night and day (2010) de James Mangold

Pour : Le film du top qui a le plus bénéficié d’une nouvelle vision. Il devait normalement finir dans les dix derniers tant on en avait un mauvais souvenir. Quelle erreur ! Brillamment réalisé par un James Mangold déchaîné, incroyablement spectaculaire, constamment jubilatoire (le dosage action-humour est parfait), dopé par un duo en totale osmose (ça nous change de Vanilla sky), Night and day est un des blockbusters les plus injustement boudés de ces dernières années. On en est la preuve vivante !

tom cruise dans Night and day (2010) de James Mangold

Contre : Le scénario n’est qu’un prétexte pour multiplier les scènes d’action. Il y a un peu trop de numérique dans certaines scènes, gâchant un peu le côté « Tom Cruise fait toute ses cascades en vrai ». Cela manque d’un vrai bon méchant.

 

17

La Couleur de l’argent (1986) de Martin Scorsese

La Couleur de l’argent (1986) de Martin Scorsese

Pour : Paul Newman qui remporta enfin l’Oscar du meilleur acteur après 7 nominations. Reprenant 25 ans plus tard son rôle d’Eddie Nelson de L’Arnaqueur, le comédien est magistral. A ses côtés, le jeunot Tom Cruise ne se laisse pas faire et le duo est le très gros atout du film. Sans oublier l’excellente Mary-Elizabeth Mastrantonio en petit amie de Tom. Et puis, il y a la mise en scène virtuose de Scorsese qui réussit à rendre une partie de billard terriblement sexy.

tom cruise dans La Couleur de l’argent (1986) de Martin Scorsese

Contre : Si on le compare à L’Arnaqueur, La Couleur de l’argent est un cran en dessous. Pire, dans la filmographie de Scorsese, il descend nettement (il n’a pas sa place dans le top 10, impressionnant il est vrai, du réalisateur). C’est aussi comme souvent chez le cinéaste un film très bavard, mais ici, on en vient plusieurs fois à penser que le flux de paroles est presque un brin superflu.

 

16

Né un 4 juillet (1989) d’Oliver Stone

Né un 4 juillet (1989) d’Oliver Stone

Pour : Contrairement à ses prestigieux concurrents évoquant la guerre du Vietnam, Né un 4 juillet est le seul à évoquer durablement toute les phases du conflit : avant, pendant et surtout après. Dans ce film très politique, Oliver Stone met toutes ses tripes à l’écran et il est bien aidé par un Tom Cruise au sommet de son art. Malheureusement pour l’acteur, Daniel Day-Lewis dans My left foot l’a privé à l’époque d’un Oscar du meilleur acteur amplement mérité et qui fuit le comédien depuis.

tom cruise dans Né un 4 juillet (1989) d’Oliver Stone

Contre : Ce n’est même pas le meilleur film sur le Vietnam signé Oliver Stone. On lui préfère de loin Platoon. D’ailleurs quand on évoque les films sur cette guerre, rares sont ceux qui le citent dans leur top 3.

 

15

Top gun (1986) de Tony Scott

Top gun (1986) de Tony Scott

Pour : Un film générationnel qui fit de Tom Cruise une star de cinéma. Une mise en scène clinquante, des tubes musicaux, des acteurs sexy, des séquences d’aviation toujours impressionnantes et une grille de lecture qui a alimenté de bien joviales discussions (la fameuse rivalité Maverick-Iceman, la séquence du beach-volley).

tom cruise dans Top gun (1986) de Tony Scott

Contre : Les amateurs de grandes histoires peuvent passer leur chemin. Top gun, c’est un peu Tom Cruise, son sourire ultra brite, sa grosse moto, ses avions le tout filmé avec plein de filtres jaunes et orangés pour faire encore plus joli. Bref, pour beaucoup, le film apparaîtra terriblement daté.

 

14

 Des hommes d’honneur (1992) de Rob Reiner

 Des hommes d’honneur (1992) de Rob Reiner

Pour : Beaucoup seront ceux qui seront étonnés de le voir classer si haut. Mais Des hommes d’honneur possède bien des atouts inattaquables. A commencer par être ce formidable véhicule à performances d’acteur (et ils sont nombreux dans le film). L’opposition Cruise-Nicholson fait des étincelles pour culminer dans une séquence d’anthologie (le « you can't handle the truth » de Nicholson). Sobrement réalisé par Rob Reiner, le film bénéficie d’une intrigue à suspense en béton armé et s’impose comme un des grands films de procès.

tom cruise dans Des hommes d’honneur (1992) de Rob Reiner

Contre : Le film ne fait pas preuve d’une grande originalité dans son fond et sa forme. C’est classique, carré mais il n’y a rien de génial. Et c’est forcément très bavard étant donné le genre dans lequel on est plongé.

 

 13

Outsiders (1983) de Francis Coppola

Outsiders (1983) de Francis Coppola

Pour : Le flair d’un casting incroyable où tous les jeunes qui allaient compter dans le cinéma US des années 80 se sont donné rendez-vous. A noter que Tom Cruise y est bien plus en retrait mais son côté chien fou annonçait à posteriori qu’il allait falloir compter sur lui. Amusant de constater qu’il est le seul de la bande qui a vu sa carrière s’amplifier dans les années 90 alors que les autres commençaient à plonger. Terriblement attachante et émouvante, cette chronique sociale des années 60 fait constamment oublier son statut d’œuvre de commande.

tom cruise dans Outsiders (1983) de Francis Coppola

Contre : Il est désormais bien difficile de revoir le montage cinéma de Coppola. C’est malheureux car la version allongée, à l’instar d’Apocalypse now Redux, est moins bonne. Dans la filmographie de Coppola, le film apparaît comme mineur, surtout à l’époque où il fait suite aux deux Parrain, Conversation secrète, Apocalypse now et Coup de cœur.


12

 Mission : Impossible – Fallout (2018) de Christopher McQuarrie

 Mission : Impossible – Fallout (2018) de Christopher McQuarrie

Pour : Le nec plus ultra en termes d’action en ce moment. Un rollercoaster de séquences plus spectaculaires les unes que les autres. Un Tom Cruise qui défie le temps et multiplie les exploits les plus incroyables. Un casting au diapason de sa star, à commencer par un némésis d’une puissance peu commune en la personne de Henry Cavill. On compte sur les doigts d’une main les sagas qui continuent à être aussi réussies et enthousiasmantes après autant de suites.

tom cruise dans Mission : Impossible – Fallout (2018) de Christopher McQuarrie 

Contre : Le film est sans doute trop frais dans notre mémoire. Il faudra voir comment il vieillit. Pour faire la différence, notamment avec le 4 et 5 qui sont pour le moment devant lui, on met en avant une intrigue en deçà.

11

Mission : Impossible - Rogue Nation (2015) de Christopher McQuarrie

Mission : Impossible - Rogue Nation (2015) de Christopher McQuarrie

Pour : Dans la droite continuité du numéro 4 avec un cinéaste qui sait lui aussi imposer son propre style. Le plus dans cet épisode, c’est incontestablement Rebecca Ferguson, extraordinaire personnage d’espionne qui tient plus que tête à Tom Cruise. Pour le reste, le cocktail action-humour-suspense est absolument parfait de bout en bout.

tom cruise dans Mission : Impossible - Rogue Nation (2015) de Christopher McQuarrie 

Contre : On lui préfère deux autres épisodes ! C’est du travail super bien fait mais il n’y a véritablement rien de novateur par rapport aux autres épisodes phares de la franchise.

 

10

Jerry Maguire (1996) de Cameron Crowe

Jerry Maguire (1996) de Cameron Crowe

Pour : « Show me the money ». Une réplique légendaire pour une séquence culte d’un film tout aussi attachant. Une œuvre qui d’ailleurs se bonifie à chaque vision tant elle personnifie une sorte de comédie romantique / film de sport absolument parfait. Le cinéma de Cameron Crowe à son meilleur avec un Tom Cruise en feu et des partenaires au diapason (Cubba Gooding Jr. dans le rôle de sa vie, Renée Zellweger totalement craquante, et l’un des plus attendrissants jeunes comédiens vus au cinéma).

tom cruise dans Jerry Maguire (1996) de Cameron Crowe 

Contre : Le lien entre grande performance d’acteur et cabotinage est fin et on peut trouver que Tom et Cubba en font beaucoup trop. Crowe ayant toujours du mal à couper, la durée peut apparaître excessive pour ce genre de film (2h19).

 

9

Risky business (1983) de Paul Brickman

Risky business (1983) de Paul Brickman

Pour : Le film teenager le plus sous-estimé du monde. Alors que l’on dresse de justifiés lauriers aux films de John Hughes, on oublie trop souvent d’évoquer Risky business. Peut-être parce que même si le film met en vedette un adolescent, il est beaucoup plus adulte dans ses thèmes évoquant capitalisme et sexe de manière frontale et surtout très sombre. Coup d’éclat sans lendemain pour Paul Brickman qui ne réalisera qu’un seul autre film (d'ailleurs très moyen) par la suite, Risky business est aussi le film qui lança la carrière de Tom Cruise et fit de Rebecca De Mornay un fantasme pour des millions de jeunes hommes. C’est une des grandes œuvres du cinéma américain des années 80 à redécouvrir de toute urgence.

tom cruise dans Risky business (1983) de Paul Brickman 

Contre : C’est un film totalement ancré dans les 80’s avec tout ce que cela comporte en termes d’esthétiques et de sons, à l'image de la musique de Tangerine Dream. On s’arrête là car on aime trop le film pour tenter de le rabaisser. D’ailleurs, on s’est retenu de ne pas le mettre plus haut !

 

8

Edge of tomorrow (2014) de Doug Liman

Edge of tomorrow (2014) de Doug Liman

Pour : Contrairement à l’autre film de Doug Liman (Barry Seal) qui ne se revoit pas, Edge of tomorrow supporte allégrement le multi visionnage. Mieux, le film se bonifie à chaque vision au point d’être déjà devenu un petit classique de la SF moderne. Adaptant un manga en mode Un jour sans fin, Liman et Cruise ont finalement réussi à signer le meilleur film sur l’univers du jeu vidéo qui ne s’appelle pas Ready player one. Et les amateurs de personnage féminin fort seront comblés avec celui incarné par une Emily Blunt iconique en diable.

 tom cruise dans Edge of tomorrow (2014) de Doug Liman

Contre : On peut trouver ça un peu futile ou que cela tourne un peu trop en rond (en même temps, c’est le principe du film). Le final n’est peut-être pas à la hauteur de ce qui précède.

 

7

tom cruise dans Mission : Impossible - Protocole fantôme (2011) de Brad Bird

Mission : Impossible - Protocole fantôme (2011) de Brad Bird

Pour : Le plus complet des films de la saga. Il la lance définitivement vers une zone de confort que McQuarrie réussira à développer avec brio. Pour son premier film live, Brad Bird applique les mêmes méthodes que chez Pixar. En résulte des séquences qui défient la loi de la gravité tout en gardant un brin de réalisme qui fait toute la différence. Tom Cruise s’impose définitivement comme le Jackie Chan occidental au cours de la séquence instantanément culte de Dubaï. Et le film ne faiblit jamais en termes de rythme tout en ne reléguant jamais son intrigue aux oubliettes.

 tom cruise dans Mission : Impossible - Protocole fantôme (2011) de Brad Bird

Contre : Le débat sur la place des épisodes 1-4-5-6 au cœur de la saga et donc de la filmographie de Cruise risque d’être éternel. Le côté super-héros invincible d’Ethan Hunt l’éloigne de plus en plus de ce qu’il était dans le premier film.

6

Mission : impossible (1996) de Brian de Palma

Mission : impossible (1996) de Brian de Palma

Pour : Le prototype du blockbuster rare. Celui qui allie un sens du spectacle hors norme tout en s’intégrant parfaitement dans l’univers et les obsessions de son réalisateur. Se réappropriant une série culte mais terriblement datée, De Palma signe un thriller dopé aux scènes anthologiques à l’image de son incroyable séquence silencieuse dans la chambre forte de la CIA. Et Tom Cruise trouve là le rôle et la franchise qui allaient lui assurer son statut de star indéboulonnable pour les vingt prochaines années.

tom cruise dans Mission : impossible (1996) de Brian de Palma 

Contre : Certains puristes n’ont jamais pardonné d’avoir fait du héros de la série le méchant du film. La séquence du TGV et ses effets numériques ont pris un coup de vieux surtout au regard de ce que Tom Cruise accomplit vraiment aujourd’hui dans les derniers épisodes de la franchise.

 

 5

Eyes wide shut (1999) de Stanley Kubrick

Eyes wide shut (1999) de Stanley Kubrick

Pour : C’est le film dont Kubrick est le plus fier. Une œuvre qui n’en finit pas de fasciner à chaque vision, au point d’en découvrir sans cesse un nouveau sens. Grave et humain, cette exploration dans l’intimité du couple possède une intemporalité déstabilisante. Tom Cruise et Nicole Kidman sont d’une justesse bouleversante.  

tom cruise dans Eyes wide shut (1999) de Stanley Kubrick 

Contre : Le débat n’en finit jamais : le meilleur ou le moins bon des Kubrick. Le film a ses farouches partisans comme ses féroces détracteurs. On peut trouver la déambulation de Cruise complétement vaine et absconse. Surtout que le film est très long (2h34).

 

4

Magnolia (1999) de Paul Thomas Anderson

Magnolia (1999) de Paul Thomas Anderson

Pour : Si on lui préfèrera toujours Boogie nights, chef d’œuvre absolu de PTA, Magnolia est un film complètement fou qui ose tout comme cette improbable pluie de grenouilles. Alliant la virtuosité d’un Scorsese à la capacité d’un Altman de raconter de formidables histoires chorales, Anderson entre définitivement dans la cour des grands cinéastes américains modernes avec cet époustouflant Magnolia. Quant à Tom Cruise, il s’offre avec ce rôle de coach gourou misogyne une de ses plus mémorables prestations d’acteur. Une interprétation qui lui vaudra une nomination à l’Oscar du meilleur second rôle qu’il aurait dû remporter.

 tom cruise dans Magnolia (1999) de Paul Thomas Anderson

Contre : Le film tient avant tout plus par son style et ses comédiens par ce qu’il raconte vraiment. Sur trois heures, on peut trouver le temps long et se dire que PTA pour le coup, c’est Lelouch avec plus de talent.   

3

tom cruise dans Collatéral (2004) de Michael Mann

Collatéral (2004) de Michael Mann

Pour : Le maître étalon du polar nocturne. Sublimant à chaque plan une intrigue basique, le réalisateur de Heat  filme avec une froideur déstabilisante des êtres déshumanisés. Sachant parfaitement orchestrer la montée de la tension et la faire éclater dans des séquences d’action anthologiques (la scène de fusillade dans la boite de nuit est un must absolu du genre) Michael Mann s’appuie aussi sur un sacré duo de comédiens. Tom Cruise en bad guy est juste génial, et Jamie Foxx confirmait là un début de carrière exemplaire qui allait le conduire quelques mois plus tard à l’Oscar du meilleur acteur pour Ray.    

 tom cruise dans Collatéral (2004) de Michael Mann

Contre : Il y en aura toujours pour considérer que Tom Cruise ne fait pas un méchant crédible. L’épure et la simplicité apparente de l’intrigue peuvent donner au film des allures de récréation inutile pour l’immense cinéaste qu’est Michael Mann.  

 

 2

Minority report (2002) de Steven Spielberg

Minority report (2002) de Steven Spielberg

Pour : La science-fiction va comme un gant à Spielberg. La preuve avec Minority Report, adaptation intelligente du génial Philip K. Dick, qui se permet d’être l’un des maîtres étalons modernes du genre. Première collaboration du duo Spielberg-Cruise, le film est un sensationnel rollercoaster multipliant les scènes d’anthologie (l’ouverture sur la technique du Précrime, le plan séquence des Spyders s’introduisant dans les appartements pour scanner les individus, la poursuite dans l’usine de montage, …). Suspense redoutable, photo audacieuse de Janusz Kaminski, implication totale de Cruise, inversion d’un des thèmes de prédilection du cinéaste (ce n’est plus un enfant abandonné par son père mais un être traumatisé par la culpabilité de ne pas avoir pu sauver son fils), mise en garde fulgurante d’un État privatif de libertés fondamentales, la liste des qualités et des grilles de lecture du film semble presque infinie. Sur l'affiche française du film, on pouvait lire « Le meilleur film de Spielberg » selon le critique Michel Ciment de Positif. On peut le comprendre !

tom cruise dans Minority report (2002) de Steven Spielberg 

Contre : Un dénouement pas totalement à la hauteur qui noie trop vite la révélation du meurtrier, nous obligeant d’ailleurs à deux séquences récapitulatives redondantes. Les fans de Dick peuvent crier au crime de lèse-majesté comme ils le faisaient déjà du temps de Blade Runner.

 

 1

La Guerre des mondes (2005) de Steven Spielberg

La Guerre des mondes (2005) de Steven Spielberg

Pour :  Sous couvert d’un blockbuster ultra spectaculaire (les séquences de destruction par les aliens sont d’un incroyable réalisme), Spielberg dresse une métaphore saisissante de l’Amérique, celle qui s’est construite dans la violence par l’extermination de son prochain (son personnage principal ne devenant héros et bon père de famille qu’après avoir tué de sang-froid). Avec son traitement effrayant de l’invasion extra-terrestre qui rappelle le sort subi par les victimes des nazis durant la Seconde Guerre mondiale (la glaçante scène du train en feu), La Guerre des mondes est sans doute le blockbuster le plus sombre jamais tourné. Tom Cruise s’y montre aussi impérial que dans Minority Report et insuffle une énergie et une émotion sans pareil. Quant à l’ampleur de la mise en scène, elle atteint un niveau rarement égalé dans la carrière du cinéaste. 

tom cruise dans La Guerre des mondes (2005) de Steven Spielberg

Contre : Il y a toujours des allergiques à Tom Cruise qui ne le trouveront pas crédible dans le rôle. Il y a aussi ce final en apparence un peu trop heureux, laissant à penser que Spielberg ne peut s’empêcher de finir sur une note plus positive.

Publié le 01/08/2018 par Laurent Pécha

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